Les Antaimoro (ou Antemoro ou Antimorona) – « ceux du rivage » – sont un peuple de Madagascar qui vit principalement dans le sud-est de l’île, s’étendant du district de Manakara au district de Mananjary dans la Province de Fianarantsoa, dans la région Vatovavy-Fitovinany.

Vaγimba – « ceux de la forêt » en proto-Barito du Sud-Est (ancienne langue austronesienne parlée notamment à Borneo).

Au tout début du peuplement appelée « période paléomalgache », les Ntaolo se subdivisèrent, selon leurs choix de subsistance en deux grands groupes : les Vazimba (de *ba/va-yimba-« ceux de la forêt », de *yimba-« forêt » en proto Sud-Est Barito (SEB), aujourd’hui barimba ou orang rimba en malais) qui s’installèrent -comme leur nom l’indique- dans les forêts de l’intérieur et les Vezo (de *ba/va/be/ve-jau, « ceux de la côte » en proto-Malayo-Javanais, aujourd’hui veju en bugis et bejau en malais, bajo en javanais) qui restèrent sur la côte Ouest.

Le qualificatif Vazimba désignait donc à l’origine les Ntaolo chasseurs et/ou cueilleurs qui décidèrent de s’établir « dans la forêt », notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la grande île et celles de la côte Est et Sud-Est, tandis que les Vezo étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l’Ouest et du Sud (probablement les côtes du premier débarquement).

La période féodale malgache : naissance des grands royaumes (1600-1895)

Dès la fin du premier millénaire jusqu’à 1600 environ, les Vazimba de l’intérieur autant que les Vezo des côtes accueillirent de nouveaux immigrants moyen-orientaux (Perses Shirazi, Arabes Omanites, Juifs arabisés) et orientaux (Indiens Gujarati, Malais, Javanais, Bugis) voire européens (Portugais) qui s’intégrèrent et s’acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale. Bien que minoritaires, les apports culturels, politiques et technologiques de ces nouveaux arrivants à l’ancien monde Vazimba et Vezo modifièrent substantiellement leur société et sera à l’origine des grands bouleversements du XVIe qui conduiront à l’époque féodale malgache.

À l’intérieur des terres, les luttes pour l’hégémonie des différents clans Vazimba des hauts plateaux centraux (que les autres clans Vezo des côtes appelaient les Hova) aboutirent à la naissance des ethnies et/ou royaumes Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka, Tsimihety et Bara.

Sur les côtes, l’intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen-orientaux et africains donnèrent naissance aux ethnies et/ou royaumes Antakarana, Boina, Menabe et Vezo (Côte Ouest), Mahafaly et Antandroy (Sud), Antesaka, Antambahoaka, Antemoro, Antanala, Betsimisaraka (Côte Est).

La naissance de ces grands royaumes « néo-Vazimba »/ »néo-Vezo » modifièrent essentiellement la structure politique de l’ancien monde des Ntaolo, mais la grande majorité des anciennes catégories demeurèrent intactes au sein de ces nouveaux royaumes : la langue commune, les coutumes, les traditions, le sacré, l’économie, l’art des anciens demeurèrent préservées dans leur grande majorité, avec des variations de formes selon les régions.

Les royaumes Antaimoro

Les Antaimoro s’installent sur la côte sud-est entre le XIIIe et le XVIe siècle. Ils auraient vécu dans la région des Iharana avant de prendre racine plus au sud.

Il existe plusieurs clans au sein de l’éthnie Antaimoro ou Antemoro : les Anteony qui sont arrivés les premiers à Matitanana, Vohipeno ; les Antalaotra, arrivés plus tard mais réputés pour leurs écritures (Sorabe) et leurs connaissances de l’art divinatoire et des astres, dont les plus illustres étaient les Anakara venus, selon la tradition, d’Arabie saoudite, obligés de fuir la cour du Sultan d’antan à cause de leurs ascendances juives ; et enfin les Ampanabaka qui représentent la majorité.

Contrairement aux autres tribus de Madagascar, les Antemoro se sont toujours illustrés pour leur diplomatie. D’ailleurs, un de leurs dignes fils, Andriamahazonoro du clan Anakara, ayant été conseiller spécial du roi Andrianampoinimerina et ensuite de son fils Radama Ier, a fait partie de la première délégation malgache à Londres, à l’époque de la reine Victoria.