Je suis actuellement dans un projet assez spécial. Celui de répertorier l’architecture traditionnelle de Madagascar, celle qui appartient à la période précoloniale, du temps où les malgaches ne construisaient qu’avec des matières vivantes comme le bois, les feuilles et la terre. En effet avant le règne Radama I, toutes les constructions de l’île étaient essentiellement en matière végétale à cause de la croyance que la pierre appartient au règne de l’inerte et de la mort et de ce fait, seules les tombes et édifices de commémorations étaient les seules structures en pierres.

L’architecture malagasy est fortement influencée par les origines de chaque ethnie respective. On a trois grandes zones qui correspondent à chaque grand groupe originel, les Hautes terres, la côte orientale, comprenant le sud est jusqu’au nord de l’île et enfin le sud et tout le bassin Ouest.

De manière générale, l’architecture de la partie Ouest a surtout été influencée par une origine africaine, utilisant des murs en torchis armé d’une structure de boiserie entrelacée et surmontée d’une toiture en herbes séchées. Celle des hautes terres a quant à elle été influencée par l’Asie du sud est en utilisant des planches de bois sculptées partiellement ou intégralement et agrémentée d’une toiture en bambou ou de chaume. Et la dernière structure est celle qui longe toute la côte Est de l’île de la Région de Fort Dauphin jusqu’à la pointe nord de l’île. Elle est en générale sur pilotis et utilise essentiellement le bambou, le ravenala, les roseaux et les palmiers.

Avec le temps et les échanges entre elles, ces ethnies ont petit à petit tendance à harmoniser leur architecture.