Dans mes divers déplacements dans les coins reculés de l’île, j’ai eu l’immense bonheur de rencontrer de femmes, épouses, mères, agricultrices, artisanes, couturières… merveilleuses. Actrices tapies au fin fond leur foyer, derrière leur voile de discrétion et de résignation, leur silence et leur mille besognes quotidiennes qui leur semblent une évidence à leur part d’obligations, ces femmes sont souvent oubliées, effacées.
Des femmes résignées à ternir leur lumière et leur étincelle. Oublier leur être, leur existence, tout en donnant toute leur force, leur amour et leur capacité pour accompagner l’homme, s’occuper de son âtre, de ses enfants souvent en grand nombre, et de tout ce qui l’entoure.
Rose, Amélie, Denise, Bertine, Marie, Lala, Fara, … et bien d’autres… épousent le même rythme. Se lever avant même que la lune n’ait fini sa ronde, avant même que le coq ne se mette à chanter. S’atteler au fourneau, plier le linge, ranger, préparer le café, tenter de trouver un bout de “mofo gasy” ou de manioc, ou cuire le riz pour le petit déjeuner de sa famille. Réveiller ensuite les enfants, les habiller, les inviter à manger, vérifier leurs affaires, les embrasser et les inviter à partir pour l’école. Rejoindre ensuite le Gite d’Accueil pour assurer les prestations des clients voyageurs, vérifier si tout est en ordre, si les clients sont à leur aise… Préparer, servir, débarrasser… Mais surtout « sourire ». Ce sourire qui reste leur force et leur lumière, cette chaleur humaine qui résume leur manière d’être. Continuer ensuite par des activités dans les champs, marcher des heures, car rien ne les arrête. Ou s’atteler aux activités qu’elles se sont créées pour aider à subvenir aux besoins de sa famille… Les mains décrépies, les pieds usés, le visage émacié… Elles restent fortes et debout.
Ne jamais s’arrêter, ne jamais baisser les bras… Tout faire… tout accomplir… sans se plaindre, malgré les problèmes du quotidien, la fatigue, les doutes, les angoisses… Et même faire plus qu’il ne faudra… parce que « qui le fera ? »
Ces personnes de campagnes, ces femmes n’ont pas eu certainement la possibilité d’aller à l’école, de connaitre toutes les nouvelles et les tendances du reste du monde, mais ces normes et stéréotypes socioculturelles de “personnes de campagne ” et “femmes” » leur font perdre confiance en leur richesse et en leur capacité, accepter une position que les autres leur impose. Jugées « incompétentes, ignorantes, incapables, … », elles sont pourtant fortes d’expériences en lien avec la nature et tout ce qui l’entoure, pleines de force et de volonté, d’acharnement, habituées à de durs travaux des champs et autres, ne comptant pas les heures au soleil, sous la pluie, connaissent des techniques souvent improbables mais qui marchent, …
Ces personnes sont admirables, respectueuses, courageuses, et pleines de vie… Leurs sourires et leurs chaleurs sont contagieux. Nous apprenons beaucoup de leur simplicité, de leur joie de vivre avec le peu qu’elles ont, leur courage, leur espoir, leur hargne, leur croyance au lendemain, car disent elles « Dieu sera toujours à nos côtés ».

Leur travail est grandiose, mais elles manquent de considération, d’attention et de mise en valeur.

 

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