Le valiha est une variété de cithare tubulaire en bambou que l’on rencontre dans tout Madagascar. Ses origines sont indéniablement indonésiennes. et on en trouve des variantes, parfois plus primitives, parfois plus évoluées, chez la plupart des peuples malais montagnards, y compris ceux des Philippines. Il est également présent chez les peuples de même origine (les » Jara », « Edde », » Curu », « Ragla »i) de la péninsule indochinoise.
On sait, en effet, que Madagascar a connu des vagues successives de peuplement depuis le début de l’ère chrétienne. Des migrations indonésiennes ont été prouvées tant par l’étude des vents et des courants que par la présence de la pirogue à balancier en certains endroits de l’île. Or, la cithare tubulaire en bambou est un instrument très ancien que l’on trouve parmi les minorités ethniques en Indonésie et au Vietnam – le mot valiha viendrait du sanskrit vadhya signifiant instrument de musique. Dans les hautes terres Palawan des Philippines, par exemple, on joue la cithare « pagang ». Au Vietnam, on trouve les cithares tubulaires » gông ou dding dhüt » respectivement chez les peuples Srê et Ma. D’autres instruments du même type sont joués chez les « Jörai » et les « Êdê », au Vietnam également.
C’est donc de l’Asie que serait venue cette facture d’instrument. Les musiciens fraîchement débarqués n’ont pas eu de mal à trouver des bambous et à fabriquer les instruments qu’ils connaissaient déjà. Nombre d’instruments de musique ont voyagé de la sorte, au point de s’implanter dans d’autres cultures et même d’y devenir un instrument emblématique.
Il est vrai que si l’on trouve divers types de factures de cithares sur le sol africain, surtout les cithares sur radeau ou planche en Afrique centrale; par contre, on n’y trouvera aucune cithare tubulaire, mais bien certaines cithares sur bâton, c’est-à-dire des instruments dont le corps est un morceau de bois sur lequel sont tendues les cordes.
Il est composé d’un segment de bambou (de 60 à 130 cm de long) servant à la fois de table d’harmonie et de résonateur grâce à une longue fente longitudinale (ouïe) entre les nœuds non percés des extrémités.
Initialement, les cordes étaient réalisées par décollement des fibres longitudinales de l’écorce du bambou centrale auquel elles restaient attachées par leurs deux extrémités. Façonnées en forme de cordes sommaires, et soulevées au-dessus de la table, elles prenaient appui sur de petits chevalets taillés dans un morceau d’écorce de cucurbitacée disposés autour du bambou, en deux demi-hélices symétriques : à faible pas d’un côté (chevalets multiples, fixes), à grand pas de l’autre (sillets multiples, mobiles), ces derniers seuls étant utilisés pour l’accord de l’instrument par ajustement de la longueur vibrante de la corde.
Les « cordes » fibreuses donnaient des sonorités de percussions étouffées : par la suite, on les remplaça par des cordes en acier avec des résultats tout à fait satisfaisants donnant à l’instrument actuel un timbre caractéristique, plus proche de la cithare.
En revanche, les tentatives de valiha électrique n’eurent pas de succès car elles lui faisaient perdre sa sonorité romantique et intimiste ; toutefois, une variété moderne, montée sur une caisse de résonance est devenue très populaire.
On en joue debout ou assis, l’instrument coincé sous le bras, les deux mains ainsi libres de le pincer.
Les notes sont disposées selon la gamme diatonique, mais alternativement à gauche et à droite de l’ouïe longitudinale, de sorte que les cordes voisines, d’un côté comme de l’autre, sonnent selon une série de tierces ascendantes, autorisant très facilement des accords « harpés » d’une très grande douceur (plectre non utilisé) ainsi qu’une grande virtuosité par le jeu alterné des deux mains, similaire à celui des sanzas.

(Source wikipedia /valiha/ Rajery)