Les mythes et les pratiques associées témoignent de la richesse des relations que les populations humaines ont entretenu avec les lémuriens, animaux endémiques de l’île, depuis l’arrivée des hommes à Madagascar. Les représentations à l’égard des lémuriens diffèrent en tout point du territoire : Ancêtres fondateurs, bienfaiteurs, interdits (à la chasse, à la consommation, au toucher), sacrés, apprivoisés, redoutés ou portes malheur, les lémuriens occupent de nombreux statuts au cœur du bestiaire malgache. Certaines traditions fragilisent leur existence, d’autres au contraire participent à leur préservation.

Venus selon toutes hypothèses des côtes indonésiennes et africaines, les premiers peuplements humains adaptèrent progressivement leurs croyances et leurs coutumes à leur nouvel environnement, donnant naissance à des récits mythiques, des rites et des représentations spécifiques qui mettent en exergue des liens multiples que les hommes développèrent avec leur milieu naturel.

Les Malgaches attribuent aux lémuriens des statuts multiples accompagnés de noms, d’interdits, d’attributions et de pratiques parfois antagonistes d’un point à l’autre du territoire.

Certains lémuriens, apparentés à l’espèce humaine au travers des « tantara » (contes et histoires), sont vénérés et fady (interdits), d’autres rattachés à la famille royale sont sacrés (masina) et ont un pouvoir d’exaucement. D’autres encore, tout au contraire, sont porteurs de grands malheurs comme c’est le cas du Aye-aye dans presque toute la région de l’Est.

Quoi qu’il en soit, cette relation culturelle entre les lémuriens et les hommes maintient dans un espace très restreint le devenir de ces êtres sauvages menacés de tout part dans son habitat mais aussi dans les esprits.

crédit photo VELIZAR SIMEONOVSKI